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La mort du dauphin François

Paru le : 01/07/2018

Le dauphin François, fils de François 1er, vient de disputer une partie de jeu de paume sous une chaleur accablante. Assoiffé et suffocant, il missionne son page et partenaire de jeu, Sebastiano de Montecuculli de lui apporter à boire de l’eau très fraîche.

Le breuvage glacé avalé d’une traite, le dauphin fait sitôt un malaise.
Il décèdera 4 jours plus tard.

Empoisonnement, décrètent l’opinion et le roi.
Et qui mieux que l’ennemi juré Charles-Quint pour en être le commanditaire ? Son homme de main est lui tout désigné.

Montecuculli est dès lors perdu !

Dans La mort du dauphin François, Benoit Camus aborde sur un ton quelque peu facétieux et désinvolte un épisode sanglant de l’Histoire de France.
À la manière d’un légiste, il en révèle les contradictions, les divergences, de même qu’un certain esprit de concorde qui en devient alors presque suspect.
Le sujet est pour lui l’occasion de traiter de la porosité des frontières entre fiction et réalité, thème récurrent dans son œuvre. Il convie à sa table nombreux personnages historiques contigus à l’histoire dont il imagine les apparitions et interventions, enrichissant le mythe de l’infortuné Sebastiano de Montecuculli.

Montecuculli, il s’appelait. Comte Sébastien Montecuculli, page du dauphin, ou écuyer, ou échanson. Tout cela et plus : larbin et parfois partenaire de jeu. Les historiens divergent, qui n’en savent rien.
Il vivait au temps glorieux de la renaissance tonitruante. Il était Italien – si être Italien avait un sens au seizième siècle, tant les guerres agitaient le pays, tant les intérêts s’opposaient selon que les belligérants se revendiquaient Milanais, Vénitiens, Napolitains ou Romains… – un Italien de Ferrare, selon l’opinion courante, bien que certains le déclarassent Florentin, sans doute en raison de son arrivée dans les bagages de la Médicis.
De Ferrare… et médecin. Chimiste ! auraient corrigé ses ennemis. Les ouvrages opportunément saisis dans ses appartements, si opportunément qu’on peut se demander s’ils n’y avaient pas été déposés dans le seul dessein de les y trouver, et surtout la petite mallette pleine des poudres de sa confection et des herbes qu’il classait selon leurs propriétés, accréditent cette accusation. Et qui dit chimiste, pense alchimiste. Il n’en faut guère plus pour perdre un individu, en cette période de féroce inquisition.
Homme de l’art, en tout état de cause. Il aurait d’ailleurs, à ce titre, connu le sieur Rabelais. Ils étaient liés à un point tel que le premier aurait favorisé la nomination du second au poste de médecin du Grand Hôtel-Dieu de Notre-Dame de Pitié du Pont du Rhône, rien que du génitif. Notre chimiste devait tenir un rang non négligeable dans les milieux lyonnais pour distribuer à ses relations, des charges qui, si elles n’étaient pas très rémunératrices, n’en étaient pas moins courues.
Italien, médecin, nous récapitulons, et qui fréquentait les grandes figures de son temps : de quoi brosser le portrait d’un humaniste, tel que ces années en fabriquaient dans toutes les cours d’Europe ; un homme à la mode, en résumé, suffisamment brillant pour susciter rancœur et jalousie.

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Un voyage dans le temps !
De : Kwelly
L’auteur nous fait voyager dans le temps. Il nous conte l’histoire du Comte Sébastien Montecuculli, porteur d’eau du Duc de Bretagne, François, dauphin du roi (entre autre). On l’imagine en reporter qui enquête sur la mort du Dauphin, sans jugement, sans conjecture, diluant ça et là quelques pointes d’humour. Le choix du vocabulaire, des tournures de phrases, nous plonges en 1536, un mois d’aout, sous un soleil de plomb. Et l’on y est, comme devant l’annonciation de Botticelli. Du grand art !
2 personne(s) sur 2 ont trouvé ce commentaire utile.
Un régal
De : ISK
Je suis partiale, de ce que je connais déjà du travail de l'auteur, j'aimais avant même de savoir. Un texte soigné, cruellement drôle et à l'intérêt historique non négligeable, un vrai bonheur. Par ailleurs c'était ma première expérience audio de ce type, je suis assez "réactionnaire" en général et préfère de loin la lecture physique, mais j'avais été emballée par le ton, la voix et le talent de l'extrait. Aucun regret pour ce choix de format donc, en plus de la qualité du texte lui-même!
2 personne(s) sur 2 ont trouvé ce commentaire utile.
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