Recevoir la Newsletter
Écouter l'extrait

Mémoire de papier

Lu par : Linda Lopez
Paru le : 01/01/2018

Pauline se réveille transie au terminus d’une petite gare. Le jour va bientôt se lever. Que fait-elle là, au milieu de tous ces inconnus ?

Elle se rappelle. L’île, elle doit retrouver l’île. Pour retrouver Yann.

Mais cette île où est-elle ? Existe-t-elle vraiment ailleurs que dans les souvenirs fragiles de sa mémoire malade ?
Jeanne, sa sœur, lui dirait, que tout ça n’existe que dans sa caboche de vieille toquée. Mais Jeanne est une teigne, Jeanne est jalouse.

Pour Pauline, une seule certitude : c’est dans cette gare que sont les réponses à ses questions.

La mémoire qui patine, qui est grignotée peu à peu par la maladie d’Alzheimer. La destruction méthodique des souvenirs qui condamne à n’être plus qu’un instant présent.
Dans cette éclipse irrémédiable, il y a cependant un souvenir qui lutte pour ne pas s’éteindre dans le cerveau du personnage principal. Celui d’une île. Un souvenir plus beau que les autres, un refuge qu’il lui faut absolument atteindre pour échapper à la tyrannie de sa sœur. Une île comme un phare, un fil d’Ariane, ultime lueur de bonheur dans son brouillard pour ne pas se perdre complètement. Et retrouver l’homme qu’elle aime.

Thérèse André-Abdelaziz nous livre ici un récit sensible et émouvant, aux personnages fortement incarnés.

C’est quoi son nom, déjà ? Son adresse ? Son âge ? Qui le lui dira ? Elle, elle dit qu’elle vieillit et que les choses vieillissent au-dedans d’elle et autour d’elle. Les choses et les gens. Elle ne les reconnaît plus.

Où va-t-elle, recroquevillée sur la banquette d’un train de nuit, côté fenêtre ? Il est interdit de se pencher au dehors lit-elle sur la vitre. Ça la fait sourire. À cette heure tardive, quelle idée !

Elle a toujours aimé les trains de nuit, presque vides en seconde classe, la lumière crue des plafonniers, les campagnes que l’on croirait abandonnées à la mauvaise saison. Les gares désertes ou fermées au bout des quais fantômes du petit matin. Ça fait des années qu’elle prend des trains. Il y en a tant dans sa tête, qu’elle finit par les confondre. Et s’endort.

Elle se réveille au terminus, transie. Dans une petite gare au bout de nulle part. C’est l’automne, le jour va bientôt naître. Elle suit la file des passagers, à peine une douzaine qui, disent-ils, se rendent à pied à l’embarcadère. Quel embarcadère ? Le monde habité s’arrête ici, il n’y a pas de port, il n’y en a jamais eu puisqu’il n’y a pas d’océan. Ou alors, il y a très très longtemps. Quand le monde était différent. Pourtant, les voyageurs s’inquiètent des sautes de vent à la sortie de la rade.

— Aurons-nous un bateau ?

— Pourrons-nous partir ?

— Et la traversée ? Est-ce prudent ?

Se rassurent entre eux : ils en sauront davantage quand l’équipage arrivera. Si toutefois il arrive.

Prix : 5 Crédits - 4,69 € *
Prix : 1 Crédit - 0,99 € *
MP3
PDF
Epub
Mobi
 
Cliquez sur l'icône pour sélectionner votre format.
* Gratuit si c'est votre premier titre.
Je ne me souviens plus très bien !
De : PAG
Quand la mémoire vous joue des tours... cela permet de beaux voyages !
DÉCOUVREZ D’AUTRES HISTOIRES COURTES à écouter… et à lire
FAQ - CGV - Mentions Légales - Ressources développeurs - Crédits

©2018 Copyrights - All Rights Reserved