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La Princesse qui aimait le bruit de la pluie

Paru le : 01/12/2017

Depuis que les servantes ne venaient plus asperger les stores de vétiver durant la sieste, le beau visage de Mumtaz portait les ombres de la tristesse, lesquelles au fil des ans en habillèrent son être tout entier.

Pour son septième anniversaire, son père, le Râna tout puissant, organisa au Palais une fête unique, aux raffinements et distractions enchanteurs.
Il n’en recueillit hélas que de pauvres sourires qui le poignèrent au cœur et à l’âme, le renvoyant à son impuissance d’homme.

Mais au 7ème jour des festivités, l’événement eut lieu qui redonna joie à la Princesse.

N’est-il rien de plus beau que la manifestation d’amour d’un parent pour son enfant ? Surtout lorsque celle-ci est à l’origine du bonheur d’une vie ?
Avec ce conte, qui a pour décor le somptueux d’un palais indien, c’est ce cadeau que nous offre Olympia Alberti, où l’infinie tendresse d’un père pour sa fille s’exprime en la promesse de reproduire pour elle le bruit de la pluie.

Dans une langue poétique et sensuelle, l’auteure réveille en nous l’émerveillement. Elle nous comble des sonorités de la pluie, de la beauté des gestes appliqués des hommes qui accomplissent le prodige, de l’ivresse et de l’extase des cœurs.

Avec application — il fallut qu’habitude se reprit aux gouttes de tomber —, avec fougue, avec talent, avec splendeur enfin. Jusqu’à l’éclat.

Durant sept jours et sept nuits, il plut, dru, et Mumtaz, dans le ravissement, ne dormait ni ne mangeait. On dut la nourrir par bouchées, à son insu. Se lasse-t-on d’aimer, d’en être raptée, arrachée aux lourdeurs de la terre ? Elle s’emplissait le cœur, le corps et la mémoire du bruit dansant de la pluie sur les marbres de la cour, du bruit crépitant de la pluie sur les coupoles des dômes, de la mélodie de la pluie, son rêve réalisé. La pluie dansait, la pluie chantait, la pluie courait en riant à tue-tête, la pluie rêvait, aimait, la pluie sautait et souriait aux cieux, la pluie contait et chuchotait, haletait dans des courses folles, la pluie froissait ses jupons, frappait du talon, comme la danseuse de baratha nattyam, la pluie battait des mains et des pieds, et s’élançait, hors de tout entendement, jusqu’au cœur du monde.

Mumtaz tendait la main et s’étonnait du petit son mat, quasi subreptice — un murmure, une excuse presque. Les marbres luisaient, nappés de brillance, et elle y essayait, les pieds nus, des signes aussitôt léchés, happés, bus. L’eau dans l’eau était un régal : le son délicat des gouttes se fondant en baisers aux cascades ruisselantes des bassins ouverts et brodés de jasmins l’enchantait. Quelque chose s’ouvrait en elle, au cœur de sa vie, qui ne se fermerait plus jamais.

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Voyage magique en Inde
De : PAG
Tant de finesse... tant d’émotions dans le texte et la narration ! Ce conte est superbe. Merci pour ce moment.
Poétique et dépaysant
De : Alouqua
Un récit déjà superbe, et sublimé par Margot (qui nous raconte le texte). C’est une très belle histoire, le genre qui fait clairement rêvé à d’autres horizons, mais qui reflète tellement d’amour également. J’ai voyagé très loin grâce à Mumtaz, cette fillette qui aimait le bruit de la pluie. C’est également le genre de récit que l’on aime écouter plusieurs fois, pour ma part, je l’ai fait deux fois car je voulais retourner en Inde, je voulais à nouveau me retrouver aux côtés de cette petite princesse. J’ai tout simplement adoré cette histoire courte, elle dure environ 27 minutes, mais quel régal ! Je l’imagine d’ailleurs très bien en histoire que l’on ferait écouter aux plus jeunes pour leur apprendre la poésie et la magie des mots.
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