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Une femme, jeune, active et mère de famille, éprouve la venue du printemps et projette une après-midi récréative dans le quartier des boutiques.

Un homme l’aborde devant une vitrine, elle ne l’éconduit pas, elle ne consent pas non plus, elle hésite.

Tandis qu’elle pousse la porte du magasin, l’homme profite du non-dit pour la suivre et entrer à ses côtés...

Le temps d’un après-midi en ville, s’éploie un jeu de séduction entre un homme et une femme qui viennent juste de se rencontrer.

Non sans finesse et légèreté, Roland Goeller évoque les contradictions de Louise, femme épouse et mère, tiraillée entre désirs et devoirs.

LES COULISSES DE L'AUTEUR : Roland Goeller

Dans ses premières versions, le texte portait le titre Cache-cache.
Il évoque ces instants liminaires où un homme s’avance vers une femme, où un jeu s’engage. Jeu, faux-fuyants, espièglerie, surenchères... À l’instar de Heiner Müller dans Quartett, l’auteur observe l’homme avec les yeux de la femme.
Le texte s’inscrit à la croisée de deux champs de force, celui du combat, à fleuret moucheté, que se livrent hommes et femmes dans leurs rôles millénaires, et celui de la suspension du souffle, ces quelques instants de haute instabilité où les choses parfois veulent changer, où le cœur cesse de battre. L’âme n’a jamais autant de choses à livrer qu’à la pointe de l’instant.
Le texte sort de la plume lorsque les personnages ont trouvé leur identité, les raisons pour lesquelles ils le traversent. Le scénario est défini dans ses grandes lignes, il suffit alors de frotter le papier d’un peu de pointe carbone pour que les mots apparaissent dans leur relief. Le texte attend la disponibilité de l’auteur.
Il est sans intentions, sauf à souligner quelque chose que la répétition des jours émousse, aussi se donne-t-il presque en une seule fois.
De nombreuses relectures sont nécessaires, à haute voix surtout, pour le polir et en ôter toutes les imperfections laissées par l’outil. Ainsi, de texte en texte, l’outil s’affine-t-il lui aussi. Les relectures exigent silence et recueillement, point de musique dans ces instants.
L’écriture cependant peut se donner n’importe où, dans la solitude d’une chambre ou à la terrasse d’un café. Elle est précédée d’une rêverie, les mains dans la boue des mots. Le piano romantique ou les airs d’Opéra me sont de précieux alliés.
Mes choix personnels me conduisent vers le dépouillement, aussi inviterais-je les auditeurs à prêter oreille à la seule voix du narrateur. Si le texte a quelque chose à dire, il le dit pendant les silences où le narrateur reprend son souffle.

LES COULISSES DU NARRATEUR : Charlotte Boimare

Quand j’ai découvert le texte Les petites boutiques pour la première fois, je l’ai tout de suite lu à haute voix. J’étais seule dans mon salon sur mon canapé, mais j’avais déjà cette idée de le transmettre.
J’ai trouvé que sous une forme légère, pétillante, très rythmée, avec des pointes d’humour et beaucoup de charme, l’auteur arrivait en peu de temps à nous raconter un vrai parcours de femme. Une femme tiraillée entre son désir et son devoir. Entre ce qui se fait, ce qu’on va penser d’elle, ses choix de vie, l’image que lui renvoie la société, ses obligations d’épouse et de mère, et son désir profond de n’exister que pour elle, de suivre son envie et de se réaliser.
Tout ce parcours est décrit avec beaucoup de finesse et ça m’a plu !

Dès la première lecture, je me suis sentie complètement en empathie avec Louise.
J’ai travaillé le texte en m’amusant. En m’amusant à chercher les ruptures les plus justes dans la pensée de Louise. Ruptures liées à ses contradictions et ses ambivalences.
C’est très stimulant en tant que comédienne de passer par toutes ces couleurs, de rebondir, de rentrer dans l’intimité de Louise et de se laisser guider par sa pensée et par son rythme intérieur.

Après avoir travaillé le texte de mon côté, nous avons organisé une répétition au téléphone avec Dany.
Bon, ce jour-là entre mes voisins qui faisaient des travaux, des doubles appels incessants qui ne facilitaient pas la concentration et surtout le fait de ne pas avoir de retour de ma voix dans un casque comme en studio, j’avoue que ce n’était pas très confortable.
J’ai noté toutes les indications de Dany, retravaillé de mon côté, j’ai même lu le texte à mon fiancé pour vérifier s’il suivait bien l’histoire, si je ne parlais pas trop vite, s’il ne décrochait pas dans mon récit.

Le studio dans lequel nous avons enregistré était très agréable, en pleine campagne, un lieu très surprenant au milieu des pépinières. J’ai trouvé les conditions de travail vraiment optimales.
Dany et Amaury l’ingénieur du son m’ont guidée avec beaucoup de bienveillance et de précision. J’avais le sentiment que tout était réuni pour que je puisse rentrer dans ma bulle puis dans la bulle de Louise, et transmettre ce texte du mieux que je pouvais.
Je garde un souvenir très joyeux de cet enregistrement.
J’espère que vous aurez du plaisir à l’écouter.

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