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D’habitude quand ils se disputent, Véronique s’en va dormir sur le canapé du salon et le lendemain matin elle a tout oublié.

Mais cette fois-ci c’est différent.
Cela fait trois jours qu’elle ne lui parle plus.
Ses sourires sont pleins de lassitude. D’une tristesse qui lui échappe.

Quand soudain Véronique lui propose d’aller à la mer.

C’est sûr, ils vont se réconcilier !

Dans ce texte, Thierry Radière met en scène la relation de couple dans ce qu’elle peut porter d’incompréhension entre les deux parties prenantes, de décalage de perception face à une même situation, aux agissements de l’autre. Comme point de départ, une dispute comme il y en a eu tant d’autres entre eux, pour des broutilles, une dispute de plus, ou plus exactement la dispute de trop pour l’un des deux.

L’auteur nous place dans la tête de l’homme et nous donne à entendre ses réflexions, à mesure qu’elles se présentent à son esprit. Un jeu du chat et de la souris intérieur entre intentions de faire un pas vers l’autre et renoncements. La touchante sincérité d’un amoureux maladroit, d’un homme perdu, qui s’accroche de toutes ses forces au corps de celle qu’il aime pour la retenir.

LES COULISSES DE L'AUTEUR : Thierry Radière

La plage est un endroit riche, que ce soit en été ou en hiver. Ce qui est captivant pendant la saison basse, ce sont les gens qui s’y baladent, seuls ou en couple. L’été, le spectacle se poursuit, mais il est différent. Peut-être moins flagrant ou visible à cause de l’agitation et de la surpopulation vacancière. Cette histoire s’est imposée à moi, suite à une escale en saison basse sur le littoral vendéen. Il y avait beaucoup de vent ce jour-là et alors que j’étais assis sur le sable à contempler la mer, j’ai été agréablement surpris par un couple, la trentaine, en train de se promener le long de la plage. L’homme avait son bras autour du cou de la jeune femme et cette dernière semblait pleurer de loin, les bras croisés sur son ventre, faisant la tête, distante, ailleurs. Ce contraste m’a tout de suite saisi. J’étais intrigué par l’origine des pleurs de la jeune femme. D’autant plus que quoi que fît le jeune homme en direction de son amoureuse, rien ne la calmait. Même ses tendres baisers, que je sentais sincères pendant qu’ils marchaient, semblaient ne plus la toucher. J’avais là en face de moi, une histoire à écrire. Les personnages existaient, il suffisait simplement que j’imagine ce qui précédait leur arrivée sur la plage et ce qui suivrait juste après leur promenade. En plus il y avait l’océan comme décor : un élément stimulant, inspirant et riche pour moi d’un point de vue symbolique. C’est pour cette raison que je tenais à ce que le mot « mer » apparaisse dans le titre de la nouvelle. Comme je suis plutôt un grand amateur des univers intimistes où les personnages, peu nombreux, pas plus de deux, en général, sont presque aussi importants que les paysages qu’ils traversent, je me suis dit que ce texte que j’allais écrire ne dérogerait pas à la règle : tout se terminerait au bord de l’océan avec le point de vue dominant du narrateur, et rien que le sien. Une manière symbolique de rendre compte de son insularité psychologique.

LES COULISSES DU NARRATEUR : Jérôme Rousselet

Pour aborder le texte, je me suis interrogé sur plusieurs points.
Combien de personnages ? Quelle est leur situation ? Dans quel état émotionnel sont-ils ? Où se déroule l’action ? Quelles sont leurs motivations, leurs désirs respectifs ? Etc. Plus je relisais et plus j’entrais dans l’intimité des personnages.

Le texte est très vivant car il part de l’émotion intérieure d’un des personnages. Tout son ressenti est exprimé sans filtre. Le texte nous fait entrer dans la tête et le cœur d’un homme blessé.

Ce qui m’a plu dans ce texte c’est la différence criante entre le ressenti de l’homme et la réalité de la situation. L’auteur nous place du côté de l’homme et nous fait entendre ses réflexions intérieures souvent empreintes de naïveté et de maladresse touchante.

La difficulté a été de trouver la voix juste pour faire parler de l’intérieur le personnage masculin. Ses réactions sont intérieures mais malgré tout très fluctuantes et différentes. À d’autres moments les deux personnages dialoguent ensemble. Là aussi, il a fallu trouver une autre façon de poser la voix.
Le rythme est également très important. Sachant qu’une bonne partie de l’histoire se déroule dans une voiture et une autre sur la plage, les variations de ces rythmes étaient essentiels pour donner les images de l’instant. Il existe aussi dans le texte un espace temps qui doit être « entendu » à la lecture. Là encore, le travail sur le rythme et les silences permettent de donner la sensation du temps qui passe...Ou qui est passé.

Pour revenir aux images, elles étaient omniprésentes quand je lisais le texte. Chaque phrase était accompagnée d’un décor, de ressenti, d’embruns parfois, quand le couple marchaient sur la plage. Visualiser les choses, les vivre donc, permet d’atteindre la sincérité et une certaine vérité. En tout cas c’est ce que j’ai tenté de faire.

Pour terminer, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet auteur. L’ironie est présente à chaque détour de phrase ou presque mais l’auteur porte un regard tendre sur ses personnages et les rend, par cela, très attachant.

L’expérience d’enregistrement de texte était une quasi première pour moi. J’ai beaucoup aimé ce travail qui permet de jouer de façon très subtil et tout en finesse contrairement au théâtre où l’on doit projeter la voix et donc perdre un peu en subtilité.

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