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Quand Johanna et Beppo arrivent devant l’église de N. pour le baptême, ils réalisent qu’ils ont oublié chez eux le cadeau pour le bébé.

En avance, ils décident de partir en quête d’un autre présent.

Le dimanche matin, hormis une boulangerie, la seule boutique d’ouverte de N. est la caverne d’un antiquaire. Après moult questions et suggestions, le vieux bonhomme leur déniche un objet pour le moins original, qui finira par déclencher une convoitise féroce parmi l’assemblée des invités.

Dans À gros bouillons, Monique Debruxelles, met en scène avec talent un savoureux couple de marginaux opportunistes dont les bouches semblent incapables de retenue et les actes aussi imprévisibles que ceux des enfants.

Une histoire drôle et réjouissante, tel un vent de fraîcheur dans un monde où le conformisme et le langage policé font loi.

Quelles prochaines aventures pour Johanna et Beppo, à l’autre bout de la route en lacets ?

LES COULISSES DE L'AUTEUR : Monique Debruxelles

Je ne me souviens plus exactement d’où je suis partie pour écrire À gros bouillons. Il me semble m’être donné des mots comme « écumoire », « sornettes » et d’autres, qui ont disparu du texte par la suite. J’ai écrit cette nouvelle rapidement, avec l’idée d’amuser le lecteur. Il y a quelques années, j’avais écrit une nouvelle intitulée : La Rectitude des jours, parue dans le recueil La distraction des gares, dans laquelle vadrouillaient déjà Beppo et Johanna et, depuis, ces deux personnages ne voulaient pas me quitter. J’ai souvent pensé à eux, à leur cruauté innocente, comme celle des enfants, à leur charmante immaturité. J’avais d’abord choisi deux autres personnages, mais Johanna et Beppo se sont immiscés dans À gros bouillons, je n’avais plus qu’à les accepter et je sais que je les retrouverai un jour, à l’occasion d’une autre nouvelle.

Quand je commence à écrire un texte, je ne prépare pas de plan, que je serais incapable de suivre, et si je connaissais la fin, je ne l’écrirais pas. J’ai besoin d’être surprise. J’ai souvent l’impression que mes personnages sont responsables du déroulement de l’histoire, qu’ils en choisissent la fin à leur guise.

J’écris toujours au stylo sur une feuille de cahier, assise par terre chez moi, ou parfois dans un lieu public. Le jardin d’un agréable salon de thé m’accueille souvent des après-midi entiers. Puis je saisis le texte sur ordinateur pour « l’éloigner » de moi et, après l’avoir laissé dormir quelques semaines, je corrige sur papier. Il me faut de nombreuses relectures avant de considérer le texte comme terminé.

LES COULISSES DU NARRATEUR : Margot Châron

« À gros bouillons : une histoire louche »

Quand un texte vient vers moi, c’est que l’heure de la rencontre est arrivée. Il m’arrive souvent d’attendre un peu avant de le lire ou parfois de l’ouvrir très vite, d’en survoler des passages, pour y revenir plus tard. Comme s’il me fallait trouver le bon moment, la disponibilité pour découvrir sa première page, pour en dérouler le fil...

C’est la sensibilité de Jeanne Michel murmurée dans l’oreille confiante de Dany Grard, qui m’a menée vers l’enregistrement de ce texte pour 15K.

Dire, savourer, transmettre et faire entendre un texte est un plaisir chaque fois renouvelé. Une expérience singulière. Faire résonner ce que le texte porte, sa matière, sa substance, avec qui je suis, ce que je sens et perçois de lui, avec ma voix. Je dis souvent aux jeunes avec qui je travaille sur de la mise en voix de textes ou des pièces de théâtre qu’il s’agit d’un acte de cœur à cœur. Si l’acteur est traversé, touché authentiquement par ce qu’il dit, alors le spectateur/auditeur peut être touché, traversé. Comme deux instruments se mettent à vibrer selon la fréquence... C’est un peu comme ça que j’aime à nommer mon métier de comédienne.

L’enregistrement en studio est un exercice qui me plaît dans la mesure où il fait travailler mon imaginaire... L’auditeur n’est pas là devant moi, mais je lui parle au creux de l’oreille. Ce micro amplifiera le son que je lui donnerai. Alors je l’imagine cet auditeur, je lui parle, à lui seul. Et le texte m’emporte. Je le suis comme un bateau m’embarquerait sur des eaux que je ne connais pas, même si je l’ai travaillé en amont, que je me le suis mis en bouche, que j’ai travaillé la voix de chacun des personnages en fonction de leur caractère, du rythme que je souhaite leur donner, il y aura des surprises. Des découvertes instantanées, de nouveaux sens qui se révèleront. Ou bien des doutes, des incompréhensions aussi parfois. Comme si je n’en avais pas mesuré tout le relief au départ.

À gros bouillons de Monique Debruxelles m’a tout de suite intriguée. Histoire au départ plutôt tranquille, un couple arrive dans un village pour un baptême et a oublié le cadeau pour le bébé. Assez rapidement, par l’attitude des personnages, on se sent partir vers un univers décalé, le personnage de Beppo avec son humour cinglant et celui de Johanna avec son air moqueur. Le personnage de l’antiquaire, étrange, paraît tout droit sorti d’un film de Jeunet...

Et puis le fantastique arrive, progressivement, comme complètement intégré à la normalité. J’ai beaucoup aimé ça dans le texte, cette irruption de magie. Comment dire mais sans vous dévoiler ses secrets... !

L’enregistrement s’est passé dans une ambiance très détendue. La difficulté a été de bien dissocier chacune des voix des personnages, comme ils sont nombreux au fur et à mesure du texte. Et puis parfois aussi de choisir le sens que nous voulions donner à telle ou telle réplique, lorsqu’il y a plusieurs entrées possibles. Choisir aussi comment la narratrice se place dans cette histoire, est-elle investie ou non ? Spectatrice qui raconte ou personnage qui voit et donne son avis sur ce qu’elle voit ?

J’espère que vous prendrez plaisir à découvrir ce texte.

À chacun maintenant de vivre sa propre histoire avec À gros bouillons.

Bonne écoute !

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